Pépite Méditerranée: quand l'Université fabrique des entrepreneurs qui durent
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le 8 juillet 2026
Université Côte d'Azur
On entend souvent que l'entrepreneuriat étudiant relève davantage du mot à la mode que de la réalité économique. Et si on regardait vraiment les chiffres ? C'est tout l'enjeu de l'étude d'impact menée sur le dispositif
L'entrepreneuriat étudiant, plus qu'une promesse
Pépite Méditerranée entre 2021 et 2024. Inscrit dans le cadre du Statut National Étudiant-Entrepreneur (SNEE)porté par le Ministère de l'Enseignement Supérieur, ce programme accompagne des centaines de jeunes porteurs de projet sur les pôles de Nice et Toulon.
Mais au-delà des intentions affichées, combien créent vraiment ? Combien tiennent dans la durée ? Plongée dans une étude qui ne se contente pas de déclarations : elle croise le ressenti des bénéficiaires avec les données publiques d'immatriculation.
Le cœur du sujet
Taux de création
35%
Entreprises créées
177
Entreprises en activités
88,7%
Une population qui passe massivement à l'acte
Sur les 538 ancien·nes étudiant·es-entrepreneur·es analysé·es via les bases publiques (Société.com, Pappers.com, LinkedIn, données SIRET) :
- 188 personnes ont créé au moins une entreprise
- Soit un taux de création de 35%
- Après consolidation des co-fondations : 177 entreprises distinctes ont vu le jour
À titre de comparaison, ce taux se situe très au-dessus de la moyenne nationale de création chez les jeunes diplômés. L'accompagnement Pépite ne produit pas seulement des idées : il produit des immatriculations réelles.
Des entreprises qui tiennent la distance
C'est peut-être le chiffre le plus frappant de toute l'étude :
- 157 entreprises encore actives aujourd'hui
- Seulement 20 cessations d'activité
- Soit un taux de pérennité de 88,7 %
Quand on sait que près d'une entreprise française sur deux ne passe pas le cap des cinq ans, on mesure la solidité des projets accompagnés. Ce n'est pas un feu de paille entrepreneurial, c'est une base économique durable.
Une confirmation côté déclaratif
L'enquête menée auprès des 119 répondants au questionnaire confirme cette dynamique :
- 43,2% des projets ont abouti à une création ou une reprise d'activité
- 58,8% des entreprises créées génèrent déjà un chiffre d'affaires
- 51% sont des sociétés commerciales, 43,1% des micro-entreprises
Les formes juridiques choisies
Le paysage juridique reflète l'agilité recherchée par les jeunes créateurs :
| Forme juridique | Nombre |
|---|---|
| Entreprise individuelle | 122 |
| Société par actions simplifiée (SAS) | 43 |
| Société à responsabilité limitée (SARL) | 7 |
| Société par actions simplifée unipersonnelle (SASU) | 4 |
L'entreprise individuelle domine largement, portée par la logique de la micro-entreprise : rapide à créer, souple à gérer, adaptée à des débuts d'activité.
Une progression de la place des femmes
La création d'entreprise reste majoritairement masculine (122 créations d'hommes contre 57 de femmes, soit 31,3% de créatrices au global), mais la tendance s'inverse : de 25% de créatrices en 2023-2024, la part passe à 35% en 2024-2025. Un signal encourageant qui mérite d'être consolidé.
Une méthodologie qui ne se paie pas de mots
Là où beaucoup d'études se contentent de déclarations, Pépite a fait le choix de la double vérification.
D'un côté, un questionnaire diffusé entre juillet et octobre 2025 auprès de 443 bénéficiaires, avec 119 réponses complètes (taux de retour de 26,8%).
De l'autre, un travail de fond sur l'échantillon élargi de 538 profils, passés au crible des registres publics. L'objectif : ne plus se demander « avez-vous créé ? » mais vérifier objectivement qui a réellement immatriculé une structure, et surtout qui est encore en activité aujourd'hui.
Qui sont les créateurs Pépite ?
Le portrait-robot ? 58% d'hommes, 42% de femmes parmi les répondants, et 62,7% détiennent un diplôme de niveau Master. L'entrepreneuriat étudiant n'est pas un plan de repli : c'est un véritable choix porté par des profils qualifiés.
Leurs moteurs, loin des clichés financiers :
- L'indépendance en tête (4,11/5)
- La volonté de transformer la société (4,04/5)
- La souplesse du mode de vie (4,03/5)
Une génération qui cherche du sens autant que de la rentabilité.
Un accompagnement plébiscité : 4,18/5
Les bénéficiaires expriment une adhésion massive au dispositif :
- Accompagnement Pépite : 4,18/5
- Statut SNEE : 3,99/5
- Apport pour la structuration du projet : 3,90/5
- Apport pour la crédibilité du porteur : 3,90/5
- Développement de la gestion de projet : 3,95/5
- Développement de l'autonomie : 3,89/5
Plus parlant encore : 61% des répondants estiment que l'expérience leur sert dans leur emploi actuel, même sans création. Posture entrepreneuriale, prise de responsabilités, capacité d'initiative en interne… Les compétences acquises irriguent toute la suite du parcours professionnel.
Le programme s'articule autour de 2 phases et 20 étapes, de l'idéation (posture, proposition de valeur, étude de marché, calcul du prix, premier prévisionnel, feuille de route) à la concrétisation (test de marché, modèle économique, stratégie commerciale, prévisionnel financier). Un vrai rail méthodologique, validé pas à pas avec l'équipe Pépite.
Quatre chantiers pour amplifier l'impact
L'étude ne se contente pas de célébrer les résultats : elle pointe aussi les marges de progression.
- Structurer un accompagnement après la création. La sortie du dispositif reste un moment de fragilité. Il faut fluidifier les passerelles vers les pépinières et incubateurs régionaux.
- Ouvrir l'accès au financement. Les jeunes créateurs peinent à se connecter aux réseaux d'investisseurs et de financeurs. Pépite peut jouer un rôle d'entremetteur.
- Animer un véritable réseau d'anciens. 177 entreprises créées, c'est un vivier de mentors potentiels. Encore faut-il l'organiser et le faire vivre.
- Renforcer la visibilité du dispositif auprès des partenaires institutionnels, économiques et universitaires. Trop peu d'étudiants connaissent encore le SNEE.
En conclusion : un dispositif qui tient ses promesses
177 entreprises créées. 157 encore actives. Un taux de pérennité de 88,7%. Voilà, en trois chiffres, ce que produit concrètement Pépite Méditerranée. Ce n'est pas un label de plus sur un curriculum : c'est un dispositif qui fabrique des créateurs réels, des entreprises qui durent, et des trajectoires transformées — que les bénéficiaires deviennent dirigeants, associés ou salariés porteurs d'initiatives.
Reste maintenant à amplifier l'impact : ouvrir davantage l'accès au financement, structurer la phase qui suit la création, et faire vivre une communauté d'anciens à la hauteur de ce qu'elle représente déjà.